Découvrez la modélisation du parcours de Consultante en Lactation

Sandrine, peux-tu te présenter stp ?

Je suis Sandrine Millones. Je suis sage-femme en PMI et Consultante en Lactation IBCLC®. J’interviens en tant que formatrice au CeFAP et je suis coordinatrice du pôle allaitement.

 

Sadrine Millones, Consultante en lactation IBCLC transmet le module "parcours de maternité, impacts sur la lactation"
Module deformation écoute et accompagnement de l'allaitement

L'idée c'était d'offrir un parcours complet qui préparait à l'examen et en même temps à l'exercice du métier. Ce sont deux choses très différentes.


Comment avez-vous modélisé le parcours ?

A l’époque, je donnais des formations sur l’allaitement maternel au CeFAP et je me suis rendue-compte qu’il y avait de moins en moins d’organismes qui préparaient à la formation pour certifier en tant que Consultante en Lactation IBCLC. L’idée c’était d’offrir un parcours complet qui préparait à l’examen et en même temps à l’exercice du métier. Ce sont deux choses très différentes. 

Pour créer le parcours, nous nous sommes retrouvées avec l’équipe du CeFAP sur des valeurs communes, notamment la posture Rogérienne qui instaure une relation horizontale et une écoute active de la personne accompagnée. C’est vraiment cette valeur qui nous a réuni. Le CeFAP m’a proposé d’imaginer le plan de formation qui me semblait idéal pour pouvoir exercer le métier de Consultant en Lactation IBCLC. Doctorante en sciences de l’éducation et de la formation, j’avais déjà fait de l’ingénierie de formation, c’est la raison pour laquelle on m’a proposé d’être la coordinatrice du parcours. 

Nous avons créé une formation complète, intensive et compatible avec l’exercice professionnel. Elle commence en janvier et se termine en septembre avec l’examen. C’est une formation très engageante qui demande une forte implication personnelle. Elle est construite sur des modules en distanciel et des modules en présentiel pour travailler notamment la posture professionnelle et rencontrer en direct des intervenants très intéressants. Je pense par exemple à Suzanne Colson ou Claude Didierjean-Jouveau. 

Suzanne Colson qui transmet le module introduction au Bilogical Nurturing

Y-a-t-il une cohérence, un lien entre les modules ?  

Oui, il y a une certaine cohérence dans les modules construits sur 3 volets :

  • Physiologie : ce qui se passe bien dans l’allaitement maternel  
  • Pédiatrie : tout ce qui concerne le bébé
  • Maternel : tout ce qui entoure la maman. Par exemple les maladies chroniques, un parcours de maternité et les impacts de la lactation.

On a élaboré un parcours très large en allant chercher des intervenants qui sont spécialisés sur le sujet. Ils sont aussi très réalistes car ils sont sur le terrain.

 

Quelles sont les compétences requises pour être certifiée ? 

Je dirai qu’il y a 4 compétences importantes :

🔸Compétences théoriques axées sur l’apprentissage des cours et la réussite à l’examen.

🔸Compétences pour l’exercice de Consultante en Lactation basées sur la posture professionnelle et sur l’expertise complète autour de l’allaitement maternel que ce soit pour un accompagnement physiologique ou un accompagnement pathologique.  Par exemple, un bébé qui va avoir une fente, un bébé qui va être prématuré, une mère avec des grossesses multiples…c’est vraiment très varié donc il faut être experte sur tous les sujets.

🔸Compétences de transmissions d’informations fondées sur la capacité en tant qu’experte à transmettre ses informations en faisant des conférences, en programmant des ateliers à destination des familles ou bien des professionnels directement en intra dans son service ou lors de conférences auprès de corps de métiers particuliers.

🔸Compétences de recherches avec l’accompagnement à l’écriture d’un article scientifique. Qu’est-ce qui nous intéresse ?  Qu’est-ce qu’on a envie d’aller chercher plus loin ? Comment est-ce qu’on peut lire un article ? Comment on peut le justifier ? Sur quoi est-ce qu’on s’appuie ? Quelles sont les valeurs scientifiques réelles pour ne pas être que dans du dogmatisme. L’idée, c’est d’objectiver tout ce qu’on va présenter à l’extérieur.

En quoi consiste la partie pratique ?

Il y a un stage demandé de 35h qui va permettre de mettre en pratique les connaissances théoriques acquises. Ce stage peut être réalisé auprès d’une Consultante en Lactation IBCLC, d’une association d’entraide de mères à mères (je pense notamment à la Leche League ou à l’Or Blanc), dans les lactariums ou auprès de professionnels qui ont un DU d’allaitement maternel. L’idée c’est de parfaire sa vision et de commencer à avoir une certaine expérience en observant différents accompagnements à l’allaitement, en écoutant des témoignages autour de l’allaitement, en regardant des bébés être allaités.

Frédéric Roussel, docteur en pharmacie montre l'uitlisation des tire-laits

Quels sont les prérequis pour accéder à la formation ? 

 

Il y a plusieurs possibilités pour y rentrer :

  • Être un professionnel de santé : médecins, sages-femmes, infirmières… Les ostéopathes en font partie également. C’est un parti pris du CeFAP au même titre que d’autres professionnels de santé même s’ils ne sont pas reconnus aujourd’hui en tant que tels, ils ont accès à ce parcours.
  • Être non professionnel de santé en répondant à des critères universitaires particuliers qui sont des prérequis obligatoires demandés par l’IBCLC, l’organisme International (IBLCE). Il est important de pouvoir montrer son investissement dans l’allaitement maternel. Pour pouvoir s’inscrire, il y a plusieurs voies :

🔸Avoir 1000 heures d’observation.

🔸Avoir 300 ou 500 heures en étant accompagné par un tuteur IBCLC

🔸La troisième n’est pas encore accessible en France

 

Au CeFAP, nous avons fait le choix de permettre aux différents profils d’acquérir ses 500 ou 1000 heures avant, pendant et après les 5 ans avant de passer l’examen. Certaines personnes préfèrent avoir les 1000 heures avant de démarrer leur formation. D’autres veulent d’abord acquérir les apports théoriques avant de réaliser les 1000 heures.

Ce module axé sur l'écoute et l'accompagnement à l'allaitement vous donnera des outils concrets basés sur la relation d'aide selon les principes de Carl Rogers

Quels conseils donnerais-tu pour réussir et exercer ?  

Avant tout, il faut avoir très envie d’être Consultant en lactation. C’est un parcours exigeant à plusieurs niveaux :

  • Un engagement financier (avec des prises en charge possibles)
  • Un engagement cognitif avec des connaissances assez précises et nombreuses qu’il va falloir intégrer et avoir
  • Un engagement personnel car c’est de la disponibilité (organisation personnelle, envie de réapprendre, aller chercher des informations).

C’est un parcours qui peut nous déstabiliser. Il faut donc être très motivé.

 

Peux-tu nous en dire plus sur le choix des intervenants ? 

Ce sont des intervenants experts dans leurs domaines. Ils ont souvent une renommée nationale, parfois même internationale. Ce qui est important au CeFAP, c’est d’aller chercher l’information à la source. De regarder ensemble pour et avec les familles dans la même direction. En plus de leur expertise, les intervenants ont une certaine posture professionnelle, celle qu’on demande et qu’on enseigne : la posture Rogérienne. Ce sont des personnes humbles, accessibles avec qui on va pouvoir parler. Elles ont une véritable expertise et elles savent très bien vulgariser leur savoir et la transmission. Les intervenants sont très abordables pendant les pauses. C’est agréable de travailler dans ces conditions.

Merci Sandrine d’avoir répondu à nos questions. 

Retrouvez le parcours de Consultante en Lactation